Comment analyser vos investissements
Un article de Wikipractice.
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Introduction
Est-il préférable d'acheter ou de louer ? Comment déterminer la rentabilité d'un investissement ? Comment choisir entre deux projets d'investissement ?
Telles sont les questions qu'un chef d'entreprise peut être amené à se poser à un moment donné durant la vie de son entreprise. Telles sont les questions auxquelles nous aimerions répondre dans cet article.
Mais avant, il serait bon de se demander pourquoi l'analyse des investissements est si importante pour un chef d'entreprise.
Raisons d'analyser les investissements
Les raisons sont les suivantes :
- Le rendement d'un investissement est la mesure du succès d'une entreprise. Une entreprise dont le retour sur investissement est faible ne conditionnera pas les prêteurs de fonds à investir dans l'entreprise.
- Une fois décidé, l'investissement ne peut être arrêté à moins d'encourir un coût.
- Une mauvaise décision d'investissement est supportée durant toute la vie de l'investissement.
Il est donc nécessaire d'analyser ses investissements et de les analyser avec une méthode adéquate.
Nous vous proposons donc de faire une revue sommaire des différentes méthodes d'analyse des investissements et de vous décrire de façon détaillée la méthode que nous recommandons qui est la méthode d'actualisation du flux monétaire.
Méthodes d'analyse des investissements
Il y a plusieurs méthodes d'analyse des investissements. Les plus courantes sont les suivantes :
- La période de recouvrement (Pay back);
- Le retour sur investissement;
- La méthode d'actualisation du flux monétaire.
Chacune de ces méthodes a des avantages et des inconvénients. Cependant, la meilleure méthode sera celle qui sera en mesure de répondre aux trois critères suivants :
- la méthode doit être une mesure de la valeur intrinsèque d'un projet d'investissement;
- la méthode doit être en mesure de classer par ordre de priorité les projets d'investissements;
- la méthode doit permettre de choisir le projet le plus rentable.
La période de recouvrement
Cette méthode détermine la période de temps requise pour récupérer la mise de fonds initiale. Mais, est-ce qu'un chef d'entreprise investit pour récupérer sa mise de fonds ? Ce ne peut être la seule raison d'un investissement.
Normalement, le chef d'entreprise attend un retour sur investissement supérieur à sa mise de fonds originale.
La méthode du recouvrement du capital, bien qu'elle puisse être un guide utile pour juger de la protection du capital investi, a le désavantage de ne pas considérer les bénéfices au-delà de la période de recouvrement et ne permet pas de faire de relation avec le coût du capital.
Finalement, cette méthode ne satisfait pas aux trois critères énoncés.
Le retour sur investissement
La méthode du retour sur investissement mesure le taux de rendement d'un investissement, en divisant les bénéfices annuels moyens par l'investissement initial.
Cette méthode, quoique étant un guide utile pour juger de la rentabilité d'un projet d'investissement, présente certains inconvénients tels que :
- la méthode ne tient pas compte du profil des bénéfices dans le temps;
- le taux de rendement n'est pas comparable au coût du capital étant donné que la base est différente;
- les taux de rendement pour des projets de durées économiques différentes ne sont pas directement comparables.
Finalement, cette méthode ne satisfait pas aux trois critères énoncés plus haut.
La méthode d'actualisation du flux monétaire
C'est la méthode qui ramène toutes les valeurs sur une base comparable et qui tient compte de la valeur de l'argent dans le temps.
Ainsi, cette méthode permet de mesurer la valeur intrinsèque d'un projet, de classer les projets par ordre de priorité et de choisir le projet le plus rentable.
Pour bien comprendre cette méthode et être en mesure de l'utiliser adéquatement, il est important de connaître certaines notions essentielles. Ces notions sont les suivantes : l'intérêt composé, l'impôt sur le revenu et le coût du capital.
Notions sur la méthode d'actualisation
L'intérêt composé
L'intérêt, c'est le prix de l'argent. C'est la compensation qu'une personne exige lorsqu'elle prête de l'argent ou la compensation qui est demandée lorsqu'une personne désire emprunter de l'argent.
De plus, le taux est évalué en fonction du risque de l'emprunt. Plus le risque est grand, (que le remboursement ne se fasse pas tel que prévu, par exemple), plus le taux d'intérêt est élevé.
Finalement, le taux d'intérêt peut varier selon le type d'industrie, l'histoire financière de la compagnie, la compétence de la direction de l'entreprise, etc.
À l'aide du taux d'intérêt d'un investissement, nous sommes en mesure de convertir, sur une période donnée, une valeur actuelle en une valeur future ou en une valeur annuelle équivalente et inversement.
L'impôt sur le revenu
L'impôt sur le revenu a un effet différent sur une dépense d'investissement et sur une dépense d'exploitation.
Ceci provient du fait qu'un investissement est amorti sur plusieurs années et qu'une fois actualisé, le crédit d'impôt de l'amortissement est moins élevé que le crédit d'impôt d'une dépense annuelle d'exploitation et, par le fait même, le coût net (après impôt) d'une dépense d'investissement est plus élevé que le coût ne d'une dépense d'exploitation. De plus, cet écart varie selon les taux d'amortissement utilisés.
C'est pourquoi, il est important de considérer les dépenses d'investissement et les dépenses d'exploitation après impôt.
Le coût du capital
Le coût du capital est la compensation que réclament les prêteurs de fonds dans une entreprise. La détermination du coût du capital d'une entreprise découle de la structure du capital de celle-ci et du coût de chaque source de capital.
Le capital peut provenir d'emprunts hypothécaires, d'actions privilégiées et d'actions ordinaires. Chacune de ces sources a son coût propre.
Si le taux d'intérêt d'un emprunt hypothécaire est de 10 %, le coût net après impôt de cette source de financement, en tenant compte d'un taux d'impôt de 50 %, est de 5 %.
Le coût d'une action privilégiée équivaut au taux de dividende, alors que le coût d'une action ordinaire peut varier en fonction de la nature de l'entreprise et de la conjoncture économique. En général, le coût d'une action ordinaire découle du rendement que les actionnaires attendent de leur investissement. Ce rendement est généralement établi à 10 %.
Le coût du capital est donc le coût pondéré des différents coûts de financement découlant de la structure du capital d'une entreprise.
Pour une entreprise, par exemple, le coût du capital est de 8 %. Or, étant donné qu'une entreprise est obligée d'investir dans des projets non rentables pour assurer, par exemple, le bien-être de ses employés, le coût du capital est majoré pour couvrir ces projets « non rentables ».
De plus, étant donné que certains projets comportent plus de risques que d'autres, le coût du capital est majoré de nouveau afin d'ajouter une marge de sécurité pour couvrir le risque impliqué dans un projet.
Ces différentes majorations ajoutées au coût du capital déterminent le taux de rendement minimum acceptable pour un investissement.
Dans notre exemple, celui-ci serait de 10 %. Ce taux de rendement minimum deviendra, par la suite, le critère d'acceptation ou de refus d'un projet d'investissement en l'utilisant comme taux d'actualisation.
Un investissement dont le taux de rendement sera supérieur au taux de rendement minimum, sera accepté.
Connaissant le principe d'utilisation de l'intérêt composé, la nécessité de considérer les valeurs après impôt et l'importance du coût du capital, nous sommes en mesure maintenant d'utiliser la méthode d'actualisation du flux monétaire.
Exemple
Afin d'illustrer la méthode d'actualisation du flux monétaire, nous présentons ci-dessous un exemple.
Le problème consiste à choisir entre :
- un équipement estimé à 1 000 000 $ qui permettra de réaliser un revenu annuel de 400 000 $ pendant cinq ans;
- un équipement estimé à 2 000 000 $ qui permettra de réaliser un revenu annuel de
| 600 000 $ | la première année |
| 700 000 $ | la deuxième année |
| 800 000 $ | la troisième année |
| 900 000 $ | pour les deux dernières années |
Le taux d'amortissement est de 20 %, le taux d'impôt de 50 %, et le taux de rendement minimum de 10 %. Quel est l'investissement le plus rentable ?
Dans cet exemple, l'investissement le plus rentable sera celui qui présentera la valeur actuelle nette la plus élevée.
| Équipement A | 90 000 $ |
| Équipement B | 120 000 $ |
L'équipement B est le plus rentable.
Applications diverses
La méthode d'actualisation du flux monétaire permet de résoudre une grande variété de problèmes. En d'autres mots, tous les problèmes qui présentent des coûts et des bénéfices sur un certain nombre d'années peuvent être résolus par la méthode d'actualisation du flux monétaire.
On trouvera ci-dessous différents types de problèmes pouvant être résolus à l'aide de la méthode d'actualisation du flux monétaire.
- Évaluer le rendement d'un investissement.
- Déterminer le montant maximum d'un investissement.
- Déterminer le montant du capital additionnel qu'il serait nécessaire d'investir.
- Choisir le projet le plus rentable.
- Choisir entre acheter ou louer un équipement ou un immeuble.
- Déterminer la durée économique maximum d'un équipement.
- Déterminer quand remplacer un équipement.
- Évaluer l'effet de l'augmentation des coûts d'entretien.
- Déterminer le coût additionnel de l'utilisation d'un équipement.
- Évaluer un programme d'expansion.
- Évaluer un programme de réduction de coût.
- Évaluer un programme de publicité, un programme de mise en marché, un programme de recherche.
- Choisir entre plusieurs programmes d'assurances.
- Déterminer la meilleure source de financement.
- Déterminer la meilleure période de remboursement d'un emprunt.
- Analyser le seuil de rentabilité d'un investissement.
- Déterminer la valeur d'une entreprise.
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